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18 juin Alien (IV) : l'EtrangerOn en arrive enfin au cœur du sujet, à savoir la méchante bêbête qui fait peur à tout le monde, j’ai nommé l’Etranger (ou l’alien). A présent que le décor est planté (l’espace et, si possible, des mondes hostiles ou des vaisseaux spatiaux), que les personnages sont là (des fiers-à-bras, de cupides idiots et une héroïne), nous voici prêts à introduire l’élément perturbateur, celui qui va faire courir tout le monde dans tous les sens, hurler de terreur les plus sensibles et mettre les nerfs de chacun à rude épreuve. Car c’est sans doute là la recette de tout bon film d’épouvante : savoir perturber un environnement qui devrait rester stable et y faire advenir l’inattendu, l’inimaginable et, si possible, l’horrifique. Pour Alien, ça fonctionne à merveille en tous cas. La créature qui vient semer la pagaille ici est, comme tout un chacun le sait, directement inspirée de l’œuvre de H. G. Giger et de ses tableaux infernaux plus précisément. Sur le plan esthétique, on retrouve un nombre impressionnant d’éléments : un manque de vision nette de la créature qui se fond dans le décor, des détails plus perceptibles que d’autres comme les écailles (brillantes, elles reflètent la lumière qui les entourent et absorbent l’obscurité d’où le manque de visibilité), la queue (qui ressemble à un alignement de vertèbres proéminentes et menaçantes) et surtout la tête, démesurément allongée, à la mâchoire dévoilée et terrifiante. Cette créature, du fait de sa visibilité réduite, peut aisément être interprétée en trois dimensions et en mouvement par les réalisateurs et les chargés d’effets spéciaux sans pour autant dénaturer l’œuvre de Giger. Elle se déplace donc à une vitesse redoutable, fait preuve d’une grande agilité, est capable de se servir autant de ses mains que de sa queue, a des dons de contorsionniste et d’acrobate. On lui ajoute une mâchoire intérieure à la première, une forte sécrétion de « bave » mettant en valeur ses dents acérées et on décide qu’un acide destructeur coule dans ses veines. On lui prête une agressivité sans pareille et de remarquables dons pour la chasse (à l’homme s’entend). Voici un monstre tel qu’on les aime, prêt à effrayer tout le monde (Godzilla n’a qu’à bien se tenir !). Ne reste qu’à le faire entrer dans l’histoire et à découvrir son mode de vie… On rencontre l’alien d’abord sur le Nostromo après que Dallas, Kayne et Lambert aient découvert un vaisseau dont l’équipage a été décimé sur LV426 et aient approché son étrange cargaison d’œufs translucides. A partir du moment où il perce la poitrine de son hôte, l’alien n’a de cesse de semer la terreur. Il y parvient particulièrement bien dans le premier film. Dans le deuxième, l’horreur est multipliée car ce sont des hordes de créatures qui se sont développées sur LV426 grâce aux colons envoyés par la Compagnie. On apprend à l’occasion comment se reproduisent les aliens et à quoi peut ressembler une de leurs reines. Et quelle reine ! C’est un être d’une beauté majestueuse que nous offrent les créateurs : la tête totalement disproportionnée est couronnée par un crâne démesuré, le corps est quasiment inexistant, réduit au minimum vital tant la place nécessaire à l’abdomen est importante. On y voit se développer les centaines d’œufs que va pondre la reine par transparence en un chapelet impressionnant. Dans le troisième film, on découvre que les aliens ressemblent étrangement aux hôtes qui les ont abrités avant qu’ils naissent : celui qui sème la panique ici est issu d’un chien et se déplace donc différemment de ceux que Ripley a rencontrés auparavant. ambre 14 juin Alien (III) : RipleySi on a pu voir en Ripley, dans les débuts, l’antithèse du héros (surtout si l’on considère qu’à l’époque de sortie du premier film, les héros s’appelaient plutôt Rambo, Conan ou Bruce Lee), elle est devenue avec le temps l’héroïne par excellence, allant jusqu’à voler la vedette à la créature et être l’élément incontournable de la saga. On ne sait plus très bien s’il s’agit de films d’horreur et de science-fiction ou de l’histoire extraordinaire de cette femme ordinaire à l’origine. C’est sans doute une des plus grandes réussites des créateurs que d’avoir choisi de faire du héros une héroïne (ce qui n’était pas prévu au départ) : c’est une surprise pour le spectateur, c’est un formidable pari. Bien sûr, le choix de l’actrice y est pour beaucoup. Sigourney Weaver a su incarner Ripley de la plus belle des façons : lumineuse, pleinement consciente des ambiguïtés de son personnage (qui fait face à des gros durs sans trembler mais ne peut quitter le vaisseau sans son chat). Capable de se montrer désespérément féroce et profondément sensible à la fois, elle utilise au fil des films une palette dramatique extrêmement large et savamment dosée qui va bien au-delà des numéros de fiers-à-bras ou de jeune fille effrayée hurlant à l’approche du monstre. En femme de tête, elle rayonne et se montre d’une virtuosité sans pareille sans jamais plonger du côté « maître de guerre » intransigeant et insensible. Sigourney Weaver sait nous rappeler que Ripley est une femme capable de sentiments maternels (avec Newt dans Aliens) ou amoureux (avec Clement dans Alien3), de profonds moments de désespoir sans perdre de vue le danger et la force qu’on réclame d’elle. Il n’y a guère que dans le quatrième épisode que les choses changent du fait de la double nature du personnage qui finit par se complaire dans le nid de la reine alien, reconnaître les créatures comme des frères, adopter pour partie leur comportement animal (ses mouvements de tête sont terrifiants) sans renier son côté humain. On peut même penser que ce sont seulement les souvenirs se celle qu’elle était avant de mourir qui la retiennent de passer du côté de l’animal sensuel qu’elle aimerait peut-être être. ambre |
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